Commentaire de texte



           [Tandis que les produits de l’art portent le cachet des races et des nationalités, les vérités scientifiques, les découvertes industrielles s’ajoutent les unes aux autres, sans garder l’empreinte du génie propre aux inventeurs.][ Que nous tenions le verre des Égyptiens ou la porcelaine des Chinois, peu importe : il y a dans l’invention de l’une et de l’autre matière une découverte que toutes les nations peuvent également s’approprier ; / et si, dans les vases ou dans les autres ustensiles de provenance étrangère, dont le verre ou la porcelaine fournissent la matière première, il y a quelque chose qui porte le cachet de l’origine, c’est ce qui tient au sentiment de l’art, au goût , à la mode, et non ce qui tient à l’industrie, dont on peut toujours copier exactement les procédés, dès qu’ils sont connus.]

Kant


Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.





Éléments de correction

Thème: Ce qui caractérise les œuvres d’art.

Problème: Comment se fait-il que les hommes puissent partager un même jugement esthétique malgré la diversité même des cultures ?

QUESTIONS :

 

1. Dégagez l’idée principale du texte en soulignant l’opposition autour de laquelle il est construit.

Les produits de l’art portent de manière singulière le cachet des cultures et  ne sont pas reproductibles.

Malgré les innombrables différences entre les peuples, nous considérons généralement que les œuvres d’art sont capables de relier les hommes. L’admiration pour les grandes créations dépassent les frontières.

Nous constatons cependant que les savoir-faire se rapportant au monde de l’industrie sont plus universels que les créations artistiques.

L’unicité des œuvres d’art  fait qu’il est impossible de se les approprier, il n’a rien en elles qui relève de la transmission. Elles ne peuvent jamais être séparées de leur culture d’origine. Au contraire, les découvertes techniques s’additionnent et peuvent être assez aisément transmises.   

 

2. Expliquez : 

a) Pourquoi « les  vérités scientifiques » et « les découvertes industrielles » perdent-elles l’empreinte des peuples qui les ont établies ou réalisées ?

« les  vérités scientifiques » et « les découvertes industrielles » autrement dit, les connaissances et les inventions techniques sont nées de la raison et de l’intelligence. Elles ont, pour les premières, un caractère conceptuel  et, pour les secondes, un caractère reproductif. La valeur des connaissances n’est pas subordonnée à tel ou tel lieu ; à telle ou telle culture. Ainsi les lois en science ont-elles une dimension universelle ; elles sont le strict produit de la raison. Les découvertes techniques peuvent être transmises.

 

b) Pourquoi « les produits de l’art », au contraire, conservent-ils cette empreinte ?

Le sentiment de l’art, du goût , et de la mode sont très particuliers et dépendent étroitement de la culture propre à une époque. Une œuvre d’art  reflète le caractère singulier de son créateur. Et, la personnalité de chaque artiste ne peut être séparée de sa culture d’origine. Dans les techniques les découvertes cumulées permettent le progrès. Ce qui n’est pas possible pour les œuvres d’art car elles ne s’additionnent pas.

 

3. Si « les produits de l’art portent le cachet » de leur culture d’origine, comment expliquer qu’ils puissent être appréciés par tous les hommes ?

 

Si l’art n’a pas de frontières comment peut-il être apprécié de tous ? La culture détermine-t-elle nos goûts ? Comment expliquer que telle ou telle œuvre très éloignée dans le temps et dans l’espace puisse continuer à faire appel à notre sensibilité ? Nous devons pour cela analyser ce qui fait la spécificité du jugement de goût. En quoi est-il universel ?

 

I. Des formes artistiques infiniment variées

- On insistera sur la diversité des jugements : «  à chacun ses goûts… » ; « tous les goûts sont dans la nature… »

- Les œuvres d’art appartiennent à un patrimoine. On ne peut les apprécier indépendamment d’une culture esthétique. Elles renvoient à une époque, à une histoire.

- Les œuvres d’art reflètent un mode de spiritualisation

 

II. Les produits de l’art et le spectateur

- L’œuvre exposée est partagée, fait l’objet d’une reconnaissance. Elle nous rend admiratifs, elle suscite notre réflexion. Sa valeur d’exposition est à considérer.

- Le jugement de goût a une dimension universelle

On distinguera les goûts d’ordre personnel ; ce qui fait plaisir ; ce qui est agréable et ce qui provoque un sentiment désintéressé.

Ce jugement de goût peut être renforcé, affiné par une éducation esthétique. 

 

III. L’art est la marque supérieure de l’humanité

- Les produits de l’art nous interpellent, nous interrogent sur notre propre condition.

- En sublimant les formes (picturales, musicales, littéraires…) les artistes nous invitent à une autre vision du monde.

A travers le jugement de goût l’homme se projette et se reconnaît.